« Le démon de l’île solitaire » d’Edogawa Ranpo

 © Nouvelles Editions Wombat
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Références:

Editeur: Les Nouvelles Editions Wombat

Date de parution: 5 mai 2015

Couverture de Suehiro Maruo

Traduit du japonais par Miyako Slocombe

Titre original : Kotô no Oni (1930)

Nombre de pages: 320

ISBN: 9782919186716

Mon avis:

Minoura, 25 ans, travaille comme commis dans une société d’import-export lorsqu’il tombe amoureux d’Hatsuyo Kizaki , une jeune collègue. L’assassinat de la jeune fille quelques mois après le début de leur histoire, va pousser Minoura à mener l’enquête, aidé par un détective amateur, Kôkichi Miyamagi qui sera assassiné à son tour. Une ancienne connaissance, Michio Moroto, nourrissant une passion homosexuelle à son égard, va lui prêter main forte …. Bien que très énigmatiques, ces deux meurtres ne sont cependant que le point de départ des événements relatés dans ce roman et qui vont les conduire sur une île mystérieuse….

A l’approche de ce roman, il faut se remettre dans le contexte de l’époque. Nous sommes dans les années 20. Loin du naturalisme et du romantisme qui prévalaient dans la littérature japonaise jusqu’alors, Edogawa Ranpo (de son vrai nom Hirai Taro) est considéré comme le père du roman noir japonais. S’inspirant d’Edgar Allan Poe (dont vous reconnaitrez la transposition phonétique dans le pseudonyme de l’auteur) , d’Arthur Conan Doyle ou encore d’H.G. Wells. Edogawa Ranpo nous livre ici un roman voguant entre enquête policière et récit fantastique, le cœur du sujet étant sa rencontre avec « un mal d’une nature effroyable, une abomination telle que personne n’avait osé l’imaginer »(p.8).

Entre la honte et la gêne exprimée lorsqu’il aborde l’homosexualité de Michio Moroto, Minoura, notre narrateur, se montre également très pudique dans son explication des faits,  s’excusant presque de son inexpérience en la matière, de son manque de clarté.

Si dans sa construction le roman peut sembler fort répétitif, il ne faut pas oublier qu’à l’origine, celui-ci fut publié sous forme de feuilleton sur une période de plus d’un an. Le narrateur prend donc le temps de nous rafraîchir la mémoire, et s’adresse régulièrement à son lecteur, nous donnant l’impression de faire partie intégrante du récit.

Traduit pour la première fois en français, « Le démon de l’île solitaire » nous offre un voyage initiatique au cœur des origines du « mauvais genre » de la littérature japonaise mêlant meurtres énigmatiques et rencontres fortuites…

Lu en à peine deux soirées, ce roman est à découvrir si vous êtes amateurs de littérature japonaise de genre et de ses origines.

Je remercie Les Nouvelles Editions Wombat ainsi que Libfly pour la découverte de ce roman dans le cadre de La Voie des Indés 2015.

Libfly

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Lectrice/Blogueuse littéraire - Lectures, avis, sorties. Aime sortir des sentiers battus

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