Chronique: « Les Fauves » d’Ingrid Desjours

Ingrid Desjours - Les Fauves - La Bête Noire - Robert Laffont

© Editions Robert Laffont

 

Haiko est la fondatrice de l’association N.e.r.F. – Nos enfants resteront en France – dont le but est d’intercepter des adolescents recrutés par Daesh avant qu’ils ne rejoignent la Syrie. Avec l’accord de leurs parents, ils sont ensuite expédiés à l’étranger dans un centre de déradicalisation.

Alors qu’une fatwa vient d’être lancée contre elle, son amie Nadia se fait sauvagement assassiner.

Haiko, sous la pression de sa mère, n’a d’autres choix que de faire profil bas et d’engager un agent de protection rapprochée.

Lars, militaire fraîchement revenu d’Afghanistan après avoir été pris en otage par les Talibans, s’acquitte de cette mission délicate. Fragilisé, hanté par ses souvenirs, Lars sera vite confronté à des doutes concernant l’intégrité de sa cliente…

« Les Fauves » traite d’un des sujets les plus brûlants de l’actualité. Mais même si les combattants étrangers et les jeunes embrigadés par Daesh font constamment la une des journaux depuis les événements de Charlie Hebdo, il serait faux de penser que le sujet est nouveau.

Haiko, dotée d’une personnalité très forte et n’ayant pas sa langue dans sa poche, tente avec son association de venir en aide à ces familles meurties de voir l’un de leurs enfants se laisser séduire par l’Etat islamique.

Lars, son garde du corps, revenu troublé (on le serait à moins) de son expérience afghane, tentera de lui faire entendre raison. Mais tous deux entreront vite dans un jeu de défis tels deux fauves prêts à se battre.

Même si Ingrid Desjours se sert du djihadisme et de ses victimes comme vecteur de son récit, le véritable sujet qui nous emporte est la personnalité de nos acteurs et le rapport de force existant entre eux. Mêlant peur, paranoïa, douleur et manipulation, l’auteure nous livre un remarquable travail de profilage. Difficile de ne pas entrer au coeur du récit, l’écriture de l’auteure étant aussi précise qu’un scalpel.

Psychocriminologue de formation, ayant travaillé sur le terrain avant de se consacrer à l’écriture, Ingrid Desjours signe ici un roman troublant qui ne peut pas laisser indifférent.

Je remercie les Editions Robert Laffont pour leur confiance.

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Lectrice/Blogueuse littéraire - Lectures, avis, sorties. Aime sortir des sentiers battus

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